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Plus de moutons, sauf dans mon assiette

Après 6 mois passés en Irlande et en Ecosse, j'ai développé une soudaine et brutale allergie à la couleur verte et aux moutons. Début septembre, sur l'île de Skye pourtant réputée pour sa beauté, je me suis levée en disant à Denis :"je n'en peux plus du vert, je hais le gris du ciel et je ne veux plus voir un seul mouton, sauf sous forme de côtelette dans mon assiette. Je veux du béton, des humains aussi nombreux que les moutons dans les verts pâturages irlandais ou écossais, des bouchons, des salles de spectacles bondées, des files d'attente interminables devant les musées, prendre des métros improbables, me faire klaxonner par un chauffeur de taxi de mauvaise humeur, me faire engueuler par un Parisien lancé à toute vitesse sur une trottinette rue de Rivoli à l'heure de pointe.

J'ai besoin de culture, de voir des "humains".


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Dans le cadre de mon opération "culture, béton et foule", j'ai particulièrement apprécié deux de nos expériences. La première a consisté en la visite guidée de l'exposition Edvard Munch au Musée d'Orsay, un jour de pluie à 11h30.

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Cette visite a comblé toutes mes attentes. Nous avons dû nous frayer un chemin dans d'innombrables visiteurs regroupés par catégories : sans billets, avec billets pour le musée d'Orsay, avec billets pour l'exposition, le tout sous une pluie battante. Dégainer notre billet "visite privée prioritaire" a fait bien des envieux et la foule s'est écartée sur notre passage telle la Mer Rouge devant Moïse. Et que dire de la contemplation des tableaux de Munch entre une touriste japonaise se prenant en selfie devant le tableau intitulé "puberté" dont la simple vue a déclenché un profond sentiment de malaise chez moi et une dame en fauteuil roulant que l'on n'ose pas pousser. Sans parler de la bonne mère de famille qui emmène son enfant de 6 mois au musée, poussant gaillardement son landau géant devant elle. Le thème de l'exposition portant sur les obsessions de Munch va occasionner à sa fille des années de psychothérapie. La pauvre enfant : cultivée mais névrosée !


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Notre bobo de fille Aurélie nous a fait découvrir la salle de spectacle "Madame Sarfati" qui correspondait parfaitement à nos critères "culture, béton et foule". Ce lieu était tellement "parisien", tellement Aurélie, surtout pour nous, les Alsaciens du bled, comme elle dit avec un clin d'oeil amusé.

Je place le cadre : des cocktails excellents, originaux, "copieux" pour Paris et à des prix stratosphériques; une salle intime au décor somptueux réalisé à partir de la juxtaposition de plaques d'étain et de zinc; des tables microscopiques éclairées doucement par des bougies; des gens gais venus découvrir 4 humoristes qui faisaient en même temps la promotion de leur propre spectacle dans d'autres salles parisiennes. Cette soirée a comblé toutes mes attentes. C'était un moment de joie, de bonne humeur, de partage avec notre fille Aurélie, un moment privilégié pour les parents que nous sommes au delà du gouffre générationnel, au delà de la distance et de l'absence . Dans ces moments de grâce, nous réactivons nos liens, en construisons des nouveaux.


Je n'arrive pas à trouver de mots assez forts pour décrire la joie et l'émotion que j'ai éprouvées le lendemain et jour de mon anniversaire, quand j'ai vu le visage de notre fille Lucille, notre «grelou» de Grenoble, à travers la vitre d'un café parisien. C'était le plus beau cadeau d'anniversaire de ma vie. Denis et Aurélie avaient organisé une fête : la présence surprise de Lucille, un excellent restaurant choisi par Aurélie dans un hôtel du XVI° sans parler du cadeau de Denis (le remplacement de ma plume à encre qui m'a lâchement abandonnée après 30 ans de fidèles et loyaux services).


Notre séjour parisien a comblé toutes mes attentes : de la culture, du béton et surtout mes "humains" préférés.



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© 2023 Dominique et Denis KRAUTH

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